Journal personnel: samedi, le 27 mars 1999 - Paris, France
Le jour ou l'Ukraine a prit d'assaut la Bastille.
Je suis arrivé à Paris le jeudi et j'ai passé la soirée à annoncé la présence des Ukrainiens dans cette ville. Je portais mon chandail du Dynamo de Kyiv et, en compagnie de mon ami parisien Vadim, nous nous sommes attardés à jaser avec des gens de la place et des touristes. Nous avons certainement bien fait car nous nous sommes finalement couchés vers 7 heures le lendemain matin!
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| Les Ukrainiennes Belges...ou est les frites? |
Vendredi après-midi, je me suis rendu à l'hotel ou les membres du contingent britannique dormaient ... si c'est le mot. Après les salutations, certains des Français sont arrivés et nous sommes partis pour le Stade à Chaletty ou le match du Under-21 était joué. Quelle erreur! Quatre buts de Trezuguet, une gêne pour notre équipe. S'il vous plait, nous pensions tous, il ne faut pas que cela se reproduise, surtout demain! Mais après la partie, nous sommes allés célébrer tout de même, en divertissant quelques bars de certaines chansons folkloriques ukrainiennes.
Mais le samedi est ce qui comptait. Après s'être rencontrés à la Place Taras Shevchenko près de St. Germain des Prés au coeur de Paris, nous sommes partis vers La Bastille pour rencontrer les autres. Je suis parti avec certains des Ukrainiens français et allemands et comme nous entrions dans la station de métro, un train arrivait. Mais plus fort encore que le train lui-même était le battement du tambour et les chants qui venaient du train. Nous nous retrouvions à la même voiture que les anglais avaient utilisés. Quelle chance! Au fait la voiture bondissait sous nos bonds et je suis certain que nos chants pouvaient se faire entendre aussi loin que la Gare du Nord! Comme on s'y attendait, nous occupions la moitié de la Bastille. Première question: "How did Hnatiw cross the road?" Réponse: "He shchupakes to the other side!"
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| D'assaut la Bastille |
J'avais besoin de manger un peu, alors je me suis rendu de l'autre côté de la rue, eu une baguette et jasa quelques temps avec le serveur et quelques gens de la place. Le serveur croyait bien que les français avaient des problèmes, et disait qu'il aimait bien le style du Dynamo. Il croyait même qu'ils gagneraient le championnat cette année. Les autres au bar étaient un peu plus ... hmmmmm.. patriotique!
Il était bientôt le temps de partir, alors de retour au métro pour se rendre au Stade de France. À la sortie de la station, nous avons marché le long de la grande promenade qui mène jusqu'au stade. C'est un effet magnifique d'y marcher et nous l'avons fait en style, chantant et paradant un gigantesque drapeau Ukrainien qui mesurait environ 7 mètres de long et 3 mètres de large! En arrivant aux barrières, encore plus arrivaient et nous avons tous passé ensemble. Nous avons escaladé à peu près 50 marches, passé à travers le hall et ce qui doit être le plus magnifique des estrades que j'ai eu le privilège d'en être le témoin. Le Stade de France doit sûrement être décrit parfaitement que par les français comme 'Le plus grand spectacle'.
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| Allez les Bleus...et Jaunes! |
En s'assoyant tout au haut, nous ne pouvions qu'être plein d'énergie avec le 'buzz' qui se faisait sentir dans le stade. Comme les écrans de télé massifs s'allumaient et montraient les joueurs marchant de leurs cabines vers le tunnel, la musique résonnait, le stade était en vie! Et bientôt, encore une fois, nous chantions le Shche ne Vmerla au monde! Et je dois l'admettre, la Marseillaise était tout aussi magnifique. Mais je ne pouvais que penser à Ingrid Bergman en l'écoutant...!
Les Français ont fait le coup d'envoi et ont pris le contrôle sous peu. Manuel Petit, Youri Djorkaeff et Nicolas Anelka ont tous eu de bonnes chances dans les quinze premières minutes. Les Français étaient forts! Mais sous peu, la défense Ukrainienne s'y est mise et nous étions dans le jeu. Seul à l'avant était Sherhyj Skachenko, aidé de Serhyj Rebrov et Andrei Schevchenko. Malheureusement, Skachenko n'a pas réussi, mais il faut dire que l'arbitre adjoint qui n'avait pas une bonne soirée ne l'a pas aidé. L'instant le plus marquant de sa soirée venait tout juste de se faire emporté par Barthez, mais plusieurs d'entre nous croyaient que c'était un renvoi du terrain ou une punition. Rien. Les prochaines quinze minutes étaient plutôt égales puis les Ukrainiens prirent l'avantage et attaquèrent le but français pour le restant de la première moitié.
À la mi-temps, je me suis rendu au hall pour jaser avec quelques amis pour ensuite rencontrer un homme d'un certain âge du sud de la France. Né en Ukraine, il a été emmené à l'âge de sept ans par les Nazis pour travailler dans les camps. Après la guerre, à l'âge de 10 ans, il s'est rendu en France ou il vit depuis. Ses yeux se remplissaient de larmes à penser à ce que ce match voulait dire pour lui, l'Ukraine et les Ukrainiens qui fêtaient dans la capitale française.
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| Les hymes nationales |
À la reprise, les Ukrainiens n'étaient pas aussi brillants qu'il l'avaient été à la fin de la première mi. Mais les Français n'étaient définitivement plus une menace. Notre défense était organisée et arrêtait chaque jeu des Français sans jamais ne faire voir qu'ils étaient nerveux. Chaque lancé au but, s'il était bien visé, se dirigeait dans les bras ouverts d'Oleksandr Shovkovky. La menace française était neutre et c'était aux Ukrainiens de se servir de leur avantage et de prendre le match. Et trois fois, il s'est presque réalisé. Une tête par Holovko a été formidablement sauvée par Barthez hors ligne, et peu de cinq minutes plus tard Shevchenko a finalement prit de la vie et a démontré pourquoi il est classé comme le meilleur avant du monde. Il a prit le ballon sur l'aile gauche, a dansé entre deux défenses et a courru jusqu'à l'extérieur du territoire ou il a fait courbé un ballon formidable dont Barthez doit avoir cru être chanceux d'y mettre la main. Au moment décisif du match, les arrières-guardes français ont été percés par un ballon de Rebrov à Shevchnko qui allait seul contre Barthez. On aurait parié notre maison qu'il compterait, mais son lancé a été arrêté par le guardien du Monaco et de la France. Comme vous le devinez, les journaux Français l'ont proclammé l'Homme du Match pour cette performance.
Au sifflet final, les 2000 Ukrainiens ont éclaté et la fête commençait! Les Français ne pouvaient cacher leur déception et la plupart savaient que c'était une défaite évitée d'étroites marges. L'équipe Ukrainienne est venue ou nous étions assis, ont joint les mains et ont salué à trois reprises pour le soutien ... un moment magnifique...avant de repartir vers leurs cabines pleins de joie. Après avoir chanté un peu encore, on s'est tous rendu au zabava et la fête y était jusqu'au matin! Qui n'était pas satisfait, sans dire enchanté, d'avoir eu un 0-0 avec les Champions du Monde dans leur propre terrain?
Sincères remerciements et félicitations aux Ukrainiens Français pour leur excellent travail dans l'organisation d'un programme pour tous les Ukrainiens de partout qui assistaient au match. Il y avait des partisans Ukrainiens de la France, de l'Angleterre, de l'Écosse, de l'Allemagne, de la Belgique, de l'Espagne, de l'Ukraine, du Brézil, du Canada, des États-Unis et de l'Australie dont je connais et peut-être même d'ailleurs aussi!!!
Magnifique!
La table aprés le quatrième tour...
| P | Equipe | J | G | N | P | Buts | Ptes |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Ukraine | 4 | 3 | 1 | 0 | 7-2 | 10 |
| 2 | France | 4 | 2 | 2 | 0 | 6-3 | 8 |
| 3 | Iceland | 4 | 2 | 2 | 0 | 4-1 | 8 |
| 4 | Armenie | 4 | 1 | 1 | 2 | 3-6 | 4 |
| 5 | Russie | 4 | 1 | 0 | 3 | 7-7 | 3 |
| 6 | Andorra | 4 | 0 | 0 | 4 | 1-9 | 0 |
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Information de cette match par Jaroslaw Jarmola - France v Ukraine