Journal personnel: le 9 novembre 1996. Porto, Portugal

Cerveja. (Prononcé serveysha) Je buvais une bière et répétais le mot dans ma tête. J'essayais d'apprendre la bonne manière de commander une bière en portuguais, bien sur, dans le cadre parfait, le Pub Shakespeare dans la borne 2 de l'aéroport d'Heathrow. Je passais le temps en attendant mes camarades de voyages et j'essayais d'apprendre au moins quelques mots de portugais.

D'ici peu, le reste du groupe était arrivé et nous étions en route pour Porto, mon premier voyage au Portugal. Nous nous sommes enregistrés à notre hôtel et nous sommes allés faire un tour. Nous avons trouvé un petit bar tranquille loin des rues fréquentées, l'endroit idéal pour célébrer notre arrivée. D'ici peu, les gens de la place avaient compris que nous étions des partisans ukrainiens et alors la fête battait son plein. Un partisan du FC de Porto me montrait tous ses joueurs préférés sur l'affiche de l'équipe au mur. La jeune fille, me demandait des renseignements sur l'Ukraine. Un jeune homme qui parlait anglais était l'interprète du le groupe. C'était une belle soirée, nos hôtes nous cherchaient des taxis à notre départ et ils nous ont offerts une bouteille de porto comme cadeau.

Une église dans Oporto
Une église dans Oporto

Porto est une vieille ville merveilleuse. Mon souvenir le plus mémorable de cette ville est des tuiles de céramique qui couvrent les murs extérieurs des bâtiments de la ville. Sur ces murs sont des scènes de la passion, du vieil empire et même des délicatesses. Leur beauté et leur taille sont une merveille.

Le vendredi nous avons fait les essentiels - l'achat des billets du match, un peu de magasinage et, en soirée, nous avons goûté à la vie nocture sur la rive. Certains ont regardé le match Under-21 à la télé. Le match était joué à plus de 50 kilomètres en dehors de la ville et nous n'avions aucun moyen efficace de s'y rendre et c'est alors que nous nous sommes contentés d'une soirée en ville. En fait, l'U-21 n'était vraiment qu'une prévision du match du lendemain.

Samedi matin le téléphone a sonné dans la chambre de l'hôtel. C'était un représentant de la délégation ukrainienne qui nous appellait finalement au sujet de notre réunion prévue. Les arrangements ont été rapidement finalisés et nous sommes sortis de l'hôtel pour s'y rendre. Nous avons rencontré trois membres de la délégation et avons eu une discussion profitable sur la manière d'améliorer la communication entre les gens de l'Ukraine et nous-même sur les points sportifs, en particulier le football. Nous avons fourni un nombre de suggestions afin d'aller de l'avant et nous en sommes sortis agréablement contentés. Après tout, combien de représentants de pays prendraient quelques minutes pour s'asseoir avec des partisans la journée du match?

Belle vue d'Oporto
Belle vue d'Oporto

À 18 heures, nous nous sommes rassemblés au bar de l'hôtel pour aller au stade. Nous étions 27 au stand de taxis et on devait s'assurer que les chauffeurs savaient tous ou nous allions. Quel cauchemar! C'était tout à fait incroyable d'être assis dans le dernier taxi, observant le défilé aller à toute allure dans les rues sombres de la ville. À notre demande, on nous a laissé à un peu plus d'un kilomètre du stade pour pouvoir défiler jusqu'au terrain. On a bien fait les choses! Puisqu'il était trop tôt pour entrer dans le stade à ce moment, nous avons trouvé un bar et nous y sommes entrés en masse. La bière coulait, on sifflait le vin maison à plein bol; les gens de la place se joignant à la fête. Mais ce n'était pas que du plaisir. Une couple de jeunes durs sont entrés dans le bar et nous ont examinés pour prendre compte de la situation. Les travaillants du bar avaient l'air inquiet et les plus vieux nous ont avisé de ne pas leur parler. Enfin, ils se sont détendus et plus tard ont admis à une personne de notre groupe qu'ils croyaient que nous recherchions la bataille et qu'ils nous observaient. Ces ennuis de football ont l'air bien organisés de nos jours et personne de notre groupe ne voulait rien à faire avec ça. Nous étions là pour s'amuser et pour encourager notre équipe.

Un home agité portant des vêtements de sport est entré comme un coup de vent. De son autobus, il nous avait reconnus comme étant le groupe à la télé de Belfast et désirait que nous venions dans son autobus pour chanter avec lui. Oui, les Ukrainiens étaient arrivés! Malheureusement, la plupart de ses gens ne semblaient pas partager son enthousiasme. Ils avaient plutôt l'air d'être venus pour un pokhoron, pas pour un match de football. Complets, cravates, pardessus?

Encore dans un bar
Encore dans un bar

Ma première plainte au FA portuguais: Pourquoi aucun programme du match? Arrgghh!!

Nous nous sommes entassés dans le stade et en nous voyant, les partisans portuguais commençèrent à siffler en grand nombre. Les barrières complétées de fer barbelé séparaient les gradins des estrades et entouraient le terrain -- les estrades presque vides, les gradins presque remplis. Nous commencions à étaler nos drapeaux sur nos sièges mais vu que les mâts de toute sorte étaient confisqués, il n'était pas question de les agiter. Les équipes sont sorties du tunnel et ont fait face à l'estrade opposée.

Ma deuxième plainte au FA portuguais: Pourquoi n'y avait-il aucune annonce que l'hymne commençait? Avant même que le son des faibles haut-parleurs nous rejoignent, nous avons réalisé que l'hymne était déjà à mi-chemin. Nous avons commencé à chanter mais c'était beaucoup trop rapide. Puis l'hymne du Portugal a commencé quelques secondes plus tard, nous forçant à nous arrêter. C'était presque gênant.

Les équipes entammèrent le jeu et dès les premières minutes, ça n'allait pas dutout. Je me préparais pour une longue soirée lorsque j'ai aperçu un seul joueur ukrainien en attaque dans la zone portuguaise. Victor Leonenko (récemment rétabli de ses blessures subies avec Dynamo-2) jouait et pour une raison ou l'autre, plutôt que de le remplacer par un autre avant, ils ont opté pour une simple défense. Ils n'ont même pas "essayer" d'obtenir la possession du ballon en avant. Seulement deux fois dans la première moitié je me rappelle que l'Ukraine était en possession du ballon dans le territoire portugais et seulement une des deux a mené à un faible coup vers Baia. Chaque fois que la défense ukrainienne avait le ballon en sa possession, soit qu'elle la relançait ou qu'elle la perdait au midfield. C'était terrible.

L'equipe Ukrainiene dans l'Estadio das Antas
L'équipe Ukrainiene dans l'Estadio das Antas

Les Portuguais, d'autre part, la déplaçaient avec un tel contrôle et s'il n'avait pas été de Suslov et une fin médiocre, ils auraient pu gagner le match bien avant la mi- temps. Mais l'Ukraine est parvenue d'une façon ou d'une autre à survivre le tout et avec un 0-0 à la mi-temps, on avait le sentiment qu'ils pourraient revenir avec un jeu un peu plus aggresif dans la deuxième moitié et peut-être pincer un autre résultat comme ils l'avaient fait à Belfast...

Il ne devait être. La deuxième moitié a commencé exactement de la même façon que la première. Le Portugal contrôlant le ballon et l'Ukraine jouant avec seulement leur défense. Le but gagnant est venu d'un jeu d'ensemble. Le coup libre a été pris, une bonne croix vers le dessus du secteur; Maximov a réagi tard et a fait un mauvais choix en essayant de donner un coup de tête pour diriger le ballon au lieu d'essayer d'utiliser ses longues jambes. En tout cas, il a manqué le ballon complètement et celui-ci a fini aux pieds de Couto. Couto s'est placé, s'est rapidement tourné et a frappé. Ma première pensée était que le ballon frapperait la barre, il montait et Suslov courrait afin de l'arrêter. Mais le ballon a effleuré la barre du dessus et s'est retrouvé au fond du fillet. Les portuguais sont devenus fous. Mais, si les Ukrainiens le voulaient, il y avait encore assez de temps pour égalir. Sabo était clairement contrarié allant à plusieurs reprises à la ligne du touché pour crier aux joueurs. Mais sauf quelques brefs sorties dans l'attaque, le territoire portuguais était plus ou moins interdit.

Les Portugaises sont joli
Les Portugaises sont joli

C'était un match terrible, un des pires que j'ai vus. Pas seulement à cause du résultat, mais plutôt à cause de la manière que l'Ukraine a joué, aucune imagination et presque effrayée. Peut-être ont-ils pensé qu'ils pourraient se servir que de la défense pendant 90 minutes sans concéder? Ou peut-être pensaient-ils qu'il n'importerait de laisser tomber ce match, qu'ils pourraient se le permettre? J'étais profondément décu de leur performance. À la fin, pendant que nous chantions pour les encourager, les joueurs sont venus et ont applaudi les partisans. Ils semblaient fatigués et battus, baissant la tête. Ce n'était pas la même chose que j'avais vu en Irlande du Nord ou sur la télé de Kyiv contre cette même opposition. Ils avaient l'air terrible et on doit se demander ce qui se passait avec Sabo.

Ensuite, nous sommes revenus à l'hôtel et nous sommes restés debout jusqu'aux petites heures du matin. Il pleuvait à boire debout et je remercie les cieux que le temps a tenu car il n'y avait aucune couverture dans le stade! Nous avons repris l'avion le dimanche après-midi pour revenir à la maison. Nous n'avions pas gagné mais nous n'étions pas en si mauvaise forme vu que l'Allemagne n'avait pas réussi à défaire l'Irlande du Nord. Les journaux portuguais n'ont pas hésité de dire ce que la victoire signifiait pour eux - ‘Vivant' on pouvait lire le titre dans un, ‘Enfin' dans un autre. Quatre points de quatre matchs auraient laissé les Portugais dans une situation désespérée et nous auraient placés de l'avant.


Le tableau après la troisième ronde

P Equipe J G N P Buts Ptes
1 Portugal 4 2 1 1 5-2 7
2 Ukraine 3 2 0 1 3-2 6
3 Allemagne 2 1 1 0 6-2 4
4 Armenie 4 0 3 1 3-7 3
5 Ireland du Nord 3 0 2 1 2-3 2
6 Albanie 2 0 1 1 1-4 1

En avant à Kyiv.


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Information pour cette match par Jaroslaw Jarmola - Portugal v Ukraine (en anglais)